« Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends ». Suivons donc le précepte de Nelson Mandela ! Car en 2020, on ne peut pas dire que l’on ait gagné la partie. Par contre, nous avons beaucoup appris… L’école à la maison, la généralisation du télétravail et le développement de l’enseignement à distance ont accéléré la transformation digitale de toutes les organisations.

Des écoles aux grandes entreprises en passant par les institutions publiques et les universités : toutes ont dû basculer sur internet pour enseigner ou former. Quelles leçons sur l’apprentissage en ligne tirer de cette expérience hors du commun ? Quels outils numériques adopter et quelle place leur donner pour apprendre tout au long de la vie ? 

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1. Adaptons-nous au profil de l’apprenant  

La crise du COVID-19 a conduit 188 pays à fermer leurs écoles, bouleversant ainsi l’apprentissage de plus de 1,7 milliard d’élèves ! En France, la continuité pédagogique a été la plupart du temps assurée. Grâce à quoi ? Au numérique ! Quels bénéfices les enfants ont-ils tiré du confinement et de l’école à la maison ?

apprentissage à la maison

C’est la question soulevée par une étude conduite par la chercheuse Pascale Haag, au sein de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) et du laboratoire de recherche pédagogique de l’université de Cergy-Pontoise (nommé Bonheurs !) auprès de 700 élèves du CP à la terminale. Les résultats ? Les élèves auraient apprécié l’autonomie, l’amélioration de la qualité de vie (temps de sommeil adapté à leur besoin par exemple) et l’apprentissage à leur propre rythme, permis par l’expérience éducative en ligne.  

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2. Suscitons l’envie d’apprendre grâce à des contenus pédagogiques attractifs 

Cette année, les champions du divertissement ont rivalisé d’ingéniosité pour divertir un public massivement obligé à rester chez soi. La nouveauté ? On ne divertit plus seulement pour divertir, mais aussi pour instruire, comme le prouve le lancement de « LearnOnTikTok » ! En effet, pourquoi ne pas donner l’envie d’apprendre en utilisant les mêmes mécanismes à l’origine de l’essor de la société de consommation actuelle ? Dans Thot Cursus, on découvre comment « l’effet wahou » – utilisé par les leaders du marketing – permet de susciter l’émotion, de capter l’attention et ainsi d’engager le public ciblé lors d’une expérience d’apprentissage.

apprendre en jouant

Raconter des histoires pour capter l’attention ? C’est aussi un des fondements de la pédagogie d’Artips depuis 2013, qui utilise le storytelling pour apprendre. 65% de nos conversations quotidiennes dont nous raffolons sont fondées sur des histoires, utilisons-les donc pour transmettre les connaissances !

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3. Formons-nous tout au long de la vie pour s’adapter à un monde qui change vite

Apprendre, un truc d’étudiant ? Plus maintenant ! Si avant la pandémie, nous savions déjà que 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore, et donc, que nous devions nous former pour ne pas nous retrouver sur la touche, la crise a accéléré cette nécessité. Nous nous sommes retrouvés chez nous, loin de nos collègues, de nos managers, de nos profs… À devoir apprendre, seuls, à maîtriser de nouveaux outils collaboratifs par exemple. Mais notre capacité à prendre en main régulièrement de nouvelles plateformes n’est pas la seule chose à laquelle nous devons aujourd’hui nous former.

La période que nous traversons vient interroger notre modèle social et économique, et nous pousse à le réinventer. Retour de l’État Providence, dérèglement climatique, responsabilité sociale de l’entreprise, fermeture des frontières… Le monde change. Et nous devons donc changer avec lui. Comment ? En utilisant « la puissance du numérique qui permet de se former en continue, à rebours des séminaires traditionnels se déroulant sur une courte période, et de manière épisodique », souligne Thibaut Cournarie, directeur du cabinet de conseil en stratégie Kea & Partners et partenaire d’Artips. Que doit-on enseigner aujourd’hui aux collaborateurs afin que leur entreprise s’adapte au monde qui vient ? « De nouveaux modèles économiques qui intègrent pleinement la RSE (responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise) à la stratégie globale de l’organisation. Avoir un impact positif sur la société et l’environnement ne peut être réservé à une direction spécifique, comme c’était jusqu’à présent le cas avec la RSE ». Une petite révolution dans le monde de l’économie et du management, qui considérait auparavant ces dimensions comme des « externalités ». Se former pour être en capacité de prendre en compte ces enjeux lors de nos décisions quotidiennes apparaît donc essentiel. 

a4. Enseignons le numérique

4. Enseignons le numérique

Mais sommes-nous tous prêts pour nous munir de ces outils qui apparaissent aujourd’hui indispensables à la formation ? Si 2020 nous a bien appris une chose, c’est que nous ne sommes pas tous égaux face au numérique. « L’illectronisme » (difficulté ou incapacité à utiliser les appareils numériques) touchait en effet 17% de la population française en 2019 selon l’INSEE. Ok, boomer ? Eh non ! Il n’y a pas que les personnes âgées de plus de 60 ans qui sont concernées. Mais toutes les catégories d’âges, comme la pandémie l’a révélé. Un fait souligné par Cédric O, secrétaire d’État au Numérique : « Nombre de jeunes savent très bien se servir des réseaux sociaux ou jouer à Fortnite. Mais dès qu’il s’agit de s’inscrire à Pôle Emploi, faire une déclaration d’impôt en ligne, faire un CV ou forwarder un email, c’est plus compliqué. Cet exemple d’un jeune disant à son conseiller Pôle Emploi qu’il ne savait pas forwarder un email m’est revenu plusieurs fois. ».

Heureusement, des initiatives existent pour que le numérique soit enseigné, afin que tout le monde puisse être en mesure de le manier, mais aussi d’avoir du recul sur l’usage qui peut en être fait. C’est notamment le cas de l’association Héraclion, créée suite à la rencontre de Jérôme Ferment, un directeur d’établissement de soins et de Cécile Cathelin et Delphine Péron, deux enseignantes en lycée, convaincus de la nécessité de former les jeunes aux compétences numériques via des ateliers. 

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5. Concevons des outils accessibles à tous

apprentissage en ligne

Comment rendre alors ces outils numériques accessibles à tous ? Si expliquer avec pédagogie leur fonctionnement apparaît indispensable, leur conception de manière ergonomique est aussi nécessaire. Autre leçon de 2020 en effet : beaucoup de personnes en situation de handicap se sont retrouvées à devoir utiliser des outils qu’elles ne pouvaient pas maîtriser, car le langage de programmation informatique qui les fait tourner n’était pas adapté.

Ce fut en effet une des leçons qu’Artips a tirées de l’organisation du webinaire « Le numérique comme fracture ou comme levier d’inclusion », alors que Fernando Pinto Da Silva – chargé de mission stratégie numérique à la Fédération des aveugles de France – était notre invité. La conférence était hébergée sur l’application Livestorm, qui ne permet pas à un public aveugle de naviguer sur la plateforme grâce à ses autres sens. Comment y remédier ? En concevant des outils qui prennent en compte le référentiel RGAA, une voie sur laquelle est pleinement engagé Artips, dont la directrice des opérations vient d’être nommée auditrice AccessiWeb.

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6. Fondons les plateformes pédagogiques sur des recherches scientifiques, en respectant les piliers de l’apprentissage

méthodes pédagogiques

« Le numérique n’est pas la panacée, mais il est un formidable outil, s’il est construit sur un modèle pédagogique respectant les fondamentaux de l’apprentissage ». C’est ce que nous confiait Yann Algan – économiste spécialiste de l’éducation et doyen de l’École d’affaires publiques de Sciences Po Paris. Alors que cet enseignant-chercheur a été à l’origine du projet Econofides (enseignement numérique de l’économie aux lycéens d’Île-de-France) avec Charline Avenel – rectrice de l’Académie de Versailles – il tire plusieurs leçons.

En ligne, l’apprenant doit être actif et avoir un feedback. L’apprentissage demain selon lui ? Un mix de présentiel et de distanciel, où l’on découvre chez soi des anecdotes, des histoires, qui attisent notre curiosité et nous donnent quelques clefs de compréhension, autour desquelles on échange en classe avec un professeur et ses pairs. C’est sur ce modèle pédagogique qu’est fondé Econofides où les notions économiques sont introduites par des histoires décalées et mémorables, permettant de donner envie, et de saisir concrètement une théorie parfois abstraite. Vous souhaitez par exemple expliquer le concept de destruction créatrice de Schumpeter ? Pourquoi ne pas raconter que cette idée serait venue au célèbre économiste alors qu’il souhaitait devenir le meilleur cavalier du monde mais que… les chevaux étaient en train de disparaître, remplacés par des voitures ! Le business des calèches, c’était fini ; un pan entier de l’économie était alors en train de disparaître ! Mais un nouveau se créait : l’industrie automobile.  Une destruction… créatrice ! Pensez-vous maintenant comprendre et vous souvenir de ce concept une fois mis en récit ? Certains scientifiques le pensent en tout cas, comme le chercheur David Herman dans son ouvrage Narrative theory and the cognitive sciences

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7. Testons, et adaptons-nous

La méthode test and learn est souvent utilisée dans le monde de l’entrepreneuriat. Elle consiste à tester une solution à petite échelle, observer les résultats, apprendre, pour ensuite réitérer l’approche en cas de succès, où en adopter une nouvelle si l’expérience n’a pas totalement fonctionné. Pourquoi ne pas reprendre cette méthode du monde des start-up lorsque l’on envisage de déployer un outil pédagogique ?

Ce fut par exemple le cas du Louvre, qui, en 2020, souhaitait continuer de former ses adhérents, les professionnels en lien avec les associations et les relais du champ social alors que ceux-ci étaient à distance. La méthode adoptée ? Leur proposer des capsules de 8 minutes d’apprentissage sur trois sujets de la plateforme Artips Academy :  l’Antiquité, l’Égypte et la Renaissance. Une action plébiscitée par les utilisateurs en croissance constante : 77% des interrogés avaient appris de nouvelles compétences, et 100% voulaient continuer de se cultiver sur ce dispositif en ligne et découvrir d’autres sujets. Un test réussi donc, qui conduit aujourd’hui le plus grand musée du monde à investir pleinement le sujet de l’apprentissage en ligne pour les années à venir.  Tester, adapter, puis adopter ? 

 aa8. Conjuguons le numérique avec l’humain

8. Conjuguons le numérique avec l’humain

apprentissage en présentiel

Une fois adopté, l’outil se suffit-il à lui-même ? Le moral des étudiants durant la pandémie démontre que le numérique ne peut être utilisé seul. Il ne peut être que le complément d’un apprentissage rythmé par des interactions sociales. Sept étudiants sur dix s’inquiétaient en effet en décembre 2020 pour leur santé mentale, selon un sondage publié dans le Figaro étudiant. Et un étudiant sur trois présentait des signes de détresse psychologique selon une enquête réalisée par l’observatoire de la vie étudiante

L’importance de l’échange, mais aussi du professeur, était aussi souligné par France Culture concernant l’école à la maison pour les plus jeunes. Certains se sont en effet sentis « livrés à eux-mêmes » et ont exprimé un certain « sentiment d’abandon » lors du premier confinement de mars. Au contraire, les élèves dont l’enseignant était présent à leurs côtés se sont sentis « soutenus » et ont apprécié la disponibilité, la sympathie et les échanges personnalisés avec le professeur.

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9. Reconnaissons le talent du bon pédagogue

pédagogie

Alors, prof, un métier facile, que l’on choisit pour être en vacances ? Grande révélation pour ceux qui en doutaient encore : être pédagogue, c’est compliqué ! S’adapter au profil de l’apprenant, à ses connaissances, sa manière de comprendre… Tout un métier, que des milliers de parents se sont retrouvés à devoir faire durant le premier confinement, avec plus ou moins de succès. « Je suis en échec face à l’école à la maison » révélait un père habitué – après de brillantes études – à toujours réussir dans le milieu professionnel. Mais transmettre un savoir à son enfant, il s’en sentait incapable. Du moins, moins capable… qu’un prof.

Va-t-on vers une revalorisation du métier d’enseignant ? C’est en tout cas ce qui semble se dessiner lorsque l’on observe le succès de l’association «Le choix de l’école ». Depuis 2015, c’est en effet plus de 200 diplômés d’écoles d’ingénieurs, de commerce et d’universités qui l’ont rejoint dans le but de se reconvertir et de devenir professeur. Avec l’envie d’exercer un métier socialement utile, ils s’engagent comme enseignants dans des collèges publics situés en éducation prioritaire. L’association les accompagne dans cette transition, notamment au travers d’une université d’été. 

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10. Limitons le numérique, quittons la salle de classe, sortons dans les cafés, les restaurants, les musées, les salles de concerts… Bref, vivons. Bientôt, on espère !

créativité

Utiliser des outils pédagogiques en ligne, les conjuguer à des échanges entre professeurs et élèves, ok… Mais est-ce suffisant pour apprendre ? Ça dépend ! Alors que la créativité apparaît comme une des compétences du 21e siècle – les tâches manuelles et analytiques étant peu à peu remplacées par des machines – comment la développer ? Avez-vous vous aussi observé à quel point le manque d’interactions sociales, de balades, de découvertes fortuites vous pénalisait alors que vous étiez chargé d’une mission faisant appel à votre créativité durant l’année ?

Quand les échanges sociaux sont strictement numériques, les échanges imprévus deviennent limités, comme le souligne un article de Slate. Ils sont pourtant à l’origine des bonnes idées, d’après l’auteur Stevenn Johnson dans Where Good Ideas Come From. « La meilleure façon d’avoir une bonne idée, ce n’est pas de rester assis tout seul dans sa tour d’ivoire en essayant d’avoir des pensées grandioses, mais d’aller se balader, de garder l’esprit ouvert aux heureux effets du hasard, et de fréquenter les cafés et autres débits de boisson où l’on peut rencontrer du monde ». Si 2020 nous a donc bien appris une chose, c’est que les bars, c’est très important. Si si, je t’assure, maman. L’école à la maison, c’est so 2020. Allez quand ça rouvre, allons prendre un verre !  

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