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Aujourd’hui, chaque travailleur a besoin du numérique pour développer ses compétences tout au long de la vie. Mais rares sont les plateformes d’apprentissage en ligne réellement accessibles à tous et notamment aux travailleurs en situation de handicap physique. Depuis 2019, Artips s’engage pour rendre accessible sa plateforme de microlearning et poursuivre sa mission : démocratiser les savoirs à toutes et tous.

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Alors que la formation tout au long de la vie est une priorité mondiale, l’utilisation du numérique apparaît indispensable pour relever ce défi. Sinon, comment former des milliards d’individus toute leur vie durant, sur des sujets évoluant rapidement ? De plus, comme le souligne l’Inria (Institut national de recherche en sciences et technologie du numérique) dans son rapport intitulé Éducation et numérique, défis et enjeux, la diversité des supports d’apprentissage mixant l’image, le son, la vidéo et l’animation renforcerait l’ancrage des apprentissages, faciliterait la mémorisation et l’acquisition de connaissance et de compétence.

Ainsi, en France, de nombreuses organisations perçoivent désormais les avantages à coupler présentiel et formation à distance. En effet, seulement 19% des formations sont dispensés uniquement en présentiel à présent.  Quant au blended learning (apprentissage mixte), il a été adopté par 92% des grandes entreprises, et 70% du secteur public. Mais ces formations en ligne sont-elles vraiment accessibles pour tous ?

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18% de la population française en situation de handicap

12 millions de personnes en France sont aujourd’hui atteintes d’un handicap – moteur, sensoriel, psychique, cognitif, mental – d’une maladie invalidante, ou de l’érosion d’un sens due au vieillissement. Elles représentent donc 18% de la population française. Or, les interfaces numériques sont encore très peu accessibles pour elles.

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Par exemple, alors que la France compte 1,7 million de malvoyants, sur les 10 000 sites internet publics, seuls 5 à 10% sont accessibles aux personnes qui souffrent de ce handicap, estimait Olivier Ducruix, directeur du centre de compétences en accessibilité numérique chez Orange, lui-même malvoyant. Et il ne s’agit qu’un des multiples chiffres alarmants sur ce sujet ! Le web est donc comme la plupart des équipements physiques actuels, très peu adapté aux personnes en situation de handicap.

Un sujet d’ailleurs mis sur le devant de la scène durant la période de confinement en 2020 ! Alors que le numérique apparaissait comme le seul recours pour continuer de travailler, de nombreuses personnes se sont retrouvées sur la touche, avec l’impossibilité d’avoir accès aux ressources en ligne.  C’est en effet ce que nous confiait Fernando Pinto da Silva – Vice-président du conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) – lors du webinaire d’Artips Factory « Handicap : le numérique comme fracture ou comme levier d’inclusion ». Ce jour-là, il évoquait un exemple concret pour illustrer les problèmes que rencontrent les personnes en situation de handicap en ligne.  Le logiciel Livestorm utilisé le jour de l’événement. Celui-ci  n’est en effet pas codé dans un langage respectant les critères d’accessibilité et il est donc très difficile pour une personne malvoyante de comprendre comment elle peut allumer ou couper son micro lors d’une intervention par exemple.

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Le RGAA : un référentiel pour rendre accessibles les interfaces numériques

Mais alors, comment rendre une interface numérique accessible ? Qu’est-ce qu’un site internet qui l’est ? Selon Handirect, c’est un site où les personnes en situation de handicap peuvent percevoir, comprendre, naviguer et interagir avec le Web. Cette accessibilité concerne tous les handicaps qui affectent l’accès au Web, ce qui inclut les handicaps visuels, auditifs, physiques, d’expression, cognitifs et neurologiques. Sur cette base ont été créés des référentiels nationaux. Ils listent les tests à réaliser sur les pages web et les critères de succès pour valider leur accessibilité.

Le référentiel est un document assez technique réservé aux professionnels (graphiste, ergonome, codeurs…). Il est utilisé pour auditer le site et mesurer son niveau d’accessibilité, pour corriger un site non accessible, ou pour déployer les bonnes pratiques dès le début du projet. En France, le référentiel national est le RGAA (Référentiel général d’accessibilité pour les administrations). Ce référentiel, à forte dimension technique, offre une traduction opérationnelle des critères d’accessibilité issus des règles internationales ainsi qu’une méthodologie pour vérifier la conformité à ces critères.

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Une obligation pour les institutions publiques et certaines entreprises privées

Depuis 2005,  la loi “Pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées”, impose, dans son article 47, “l’accessibilité des services de communication publique en ligne pour les services de l’État, les collectivités territoriales et les établissements publics qui en dépendent”.

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En 2019, un nouveau décret étend l’obligation d’accessibilité au secteur privé, notamment les entreprises générant un chiffre d’affaires annuel de 250 millions d’euros(réalisés en France et calculés sur la moyenne des trois dernières années). Au moins 500 entreprises françaises doivent donc créer un registre d’accessibilité et rendre leurs sites 100 % accessibles pour favoriser la communication publique en ligne.

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La plateforme de microlearning d’Artips : sur la route de l’accessibilité

Mais cette obligation n’a pas encore eu un impact significatif pour améliorer l’accessibilité des sites internet, et encore moins des plateformes d’apprentissage en ligne ! Les personnes en situation de handicap ont encore très peu accès aux formations à distance ! Et la plateforme de microlearning d’Artips ne faisait jusqu’alors pas exception. C’est pourtant la mission d’Artips de démocratiser les savoirs au plus grand nombre !

Après avoir pris connaissance de ce problème, Artips a alors passé au crible ses interfaces pour améliorer l’accessibilité de ces contenus. Et en 2019, la directrice des opérations d’Artips – Maïlys Courtade – s’est lancée d’elle-même dans une formation pour devenir auditrice de sites internet pour l’association AccessiWeb. Cette certification obtenue en 2020 lui permet aujourd’hui d’auditer n’importe quel site web et d’accompagner Artips pour améliorer chaque critère d’accessibilité du RGAA.

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Celui-ci est composé de 107 critères (images, cadres, couleurs, multimédia, tableaux, liens, scripts ou formulaires par exemple) pour rendre un site accessible et lors du dernier audit en mai 2020, la plateforme d’e-learning d’Artips remplissait 60% des critères. L’objectif de l’équipe technique d’Artips est d’atteindre les 100% dans les prochains mois.

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Aller plus loin en sensibilisant les collaborateurs aux situations vécues par les personnes en situation de handicap

Rendre les interfaces numériques, dont les plateformes d’apprentissage, aux personnes en situation de handicap est plus que jamais nécessaire. Cela suffit-il  pour les intégrer pleinement au monde du travail ? Ne serait-il pas aussi nécessaire de sensibiliser les autres collaborateurs à leur handicap afin qu’ils comprennent le quotidien de ces personnes ?

Après avoir co-créé un parcours sur le handicap mental avec l’association Les Papillons Blancs de Lille, Artips s’est lancé récemment dans la création d’un parcours sur étagère à propos des troubles dys, qui affectent 6 à 8% des Français ! Un bon moyen pour expliquer à tout le monde comment ces troubles cognitifs impactent celles et ceux qui en sont atteints au quotidien grâce à des mises en situation ! Et un moyen à terme… de rendre le marché du travail vraiment inclusif ? On l’espère !

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Vous souhaitez proposer des parcours de sensibilisation ou de formation accessibles aux personnes en situation de handicap ? Contactez-nous sur Artips Factory.  

Vous souhaitez sensibiliser vos collaborateurs aux situations que vivent les personnes en situation de handicap au quotidien ? C’est par ici aussi.